> Mes interventions au Conseil Communal

Conférence-débat de campagne chez des Schaerbeekois, le 8 juin

Grand débat chez des amis Schaerbeekois, ce soir, avec ou contre Bernadette Vriamont (spa) - qui était sur tous les autres sujets que bhv en grande partie d'accord, Laurence Willemse (ecoloj) et Din Nguyen (cdh)...

Voici la teneur de mes positions et propositions... je le mets en ligne, tel que je l'ai préparé.

1. présentation libre du candidat: qui est-il et quel est son parcours? (3 min chacun = 15 min)

Je voulais commencer par remercier Stefaan de son invitation et du coup de projecteur que celui-ci nous permet. Surtout pour une place comme la mienne, 8e suppléant, place de combat.

Ik heb de gewoonte van te zeggen dat mijn persoonlijk, politiek en professioneel parcours begonnen is te Aalst, waar ik mijn twee laatste jaar humaniora heb doorgebracht...op een pensionaat, om nederlands te kunnen leren klappen.

Je suis diplômé de Solvay comme ingénieur de gestion où je suis toujours assistant en dernière année, et de la London School of Economics, en sciences politiques. J’ai travaillé comme consultant en stratégie pendant 5 ans, j’ai tenté le rachat d’une société ce qui n’a pas fonctionné pour d’excellentes et de très mauvaises raisons, puis j’ai travaillé deux ans chez Fortis, que j’ai quitté car j’étais estampillé anti-français… j’avais trop travaillé sur les scénarios alternatifs. Depuis 11 mois, je suis patron d’un service au sein du Groupe SNCB.

Mon parcours politique commence tardivement puisque j’ai été élu comme conseiller communal indépendant en 2006, tout comme Bernadette Vriamont, mais sur la liste du Bourgmestre de Schaerbeek, donc dans une majorité avec ecolo. Je suis particulièrement actif et très attentif à la bonne gestion financière de ma commune, à l’amélioration du cadre de vie de nos quartiers et du parc josaphat, au survol des avions. Pour l’anecdote, j’ai fait placer le premier sonomètre pour mesurer le son sur le territoire de Schaerbeek. Pour le compte de la commune, je suis aussi administrateur de l’hôpital Brugmann. Je me suis lancé en politique car je ne suis pas satisfait de la façon générale dont mon pays est géré globalement aujourd’hui. Je veux un projet réaliste, sur base d’une vision engageante responsabilisant l’être humain. L’état doit être au service du citoyen, pas le contraire.

 

2. quelques questions pour situer les positions des partis, en commençant par le rôle du fédéral pour se remettre en tête ce dont le fédéral s'occupe

(6-7 questions, 1 minute par candidat par question = max 30 min ; ci-dessous les questions envisagées à l'heure actuelle 

Rôle du fédéral: quelle compétence peut être refédéralisée, quelle compétence peut être défédéralisée?  (max un exemple de chaque) 

Il me semble pour ma part que l’on parle beaucoup du confédéralisme et je crois nécessaire de passer un peu de temps pour éclairer quelque peu notre lanterne à ce sujet. Pour l’ensemble des juristes, le confédéralisme est une association d’Etats indépendants,  souverains, association fondée sur un traité international et destinée à organiser la gestion commune de quelques matières déterminées.  Il n’existe pas de systèmes confédéraux, la Suisse est un pur pays fédéral malgré son nom, les Etats-Unis aussi ; l’exemple traditionnel est celui de la Communauté des Etats Indépendants – CEI – , lors de la disparition de l’URSS.

Faire de la Belgique un Etat confédéral dans ce sens implique de d’abord scinder le pays. La Belgique perdrait sa personnalité juridique internationale et son statut de membre de l’Union européenne.

Dans le débat néerlandophone, il y a deux sens au confédéralisme. Pour la NVA, c’est clairement l’alliance entre deux Etats indépendant au moyen d’un Traité.

Beaucoup de néerlandophones dont le CD&V et le VLD utilisent la notion de confédéralisme dans le sens de fédéralisme très poussé fondé notamment sur base de

·       accentuation de la bipolarité actuelle en marginalisant la Région bruxelloise et la Communauté germanophone

·       défédéralisation de plusieurs compétences

·       transformation des mécanismes de solidarité inter-régionale pour diminuer et conditionner les transferts financiers nord-sud

·       réécriture de notre Constitution actuelle, en cantonnant les compétences de l'État fédéral aux seules matières qui lui seront expressément attribuées. 

En fait, les néerlandophone n’ont pas vraiment fait l’exercice de dire quelles compétences devaient nécessairement être conservées au niveau commun. Je m’inquiète de cette régionalisation de principe des compétences. Bernadette répondra sûrement le contraire, mais Kris Peeters a parlé des lignes à haute tension, pour cause d’indivisibilité technique. Le reste peut être exercé au niveau européen ou par les Régions/Communautés. Il ne laisse donc rien au fédéral. La présidente du CD&V, quant à elle, a parlé de la sécurité sociale, mais uniquement au niveau des recettes, avec une autonomie d’affectation des dépenses.  Le SPA, par exemple, dit qu’il est souhaite une régionalisation de la sécurité sociale, sauf en matière de pensions… Le VLD est plus flou encore. Ce qui est donc difficile, c'est que ces partis ne dévoilent jamais leur vrai souhait. J’aimerais leur demander de se positionner par rapport à la création d'une circonscription fédérale. S'ils sont dans une logique de disparition de la Belgique, il est évident que ce genre de proposition ne peut pas les intéresser. Si au contraire ils sont pour, alors on a encore une chance de dialoguer.

 

Possibilité d’un accord institutionnel : quelle revendication (une seule) voulez-vous mettre sur la table des négociations? Quelle revendication (une seule) n'est pas négociable? 

Je voudrais tester une idée avec vous, et casser les logiques mortifères dans le débat sur Bruxelles, capitale d’un demi-milliard d’européens.

Il est à mon avis grand temps d’asséner à nouveau des vérités connues mais oubliées dans cette campagne et dans les négociations:

-       Si le Brabant Wallon est la province la plus prospère de Wallonie, c’est grâce à Bruxelles, grâce à sa dimension « capitale de l’Europe » et tout ce que cela amène comme emploi, matière grise, sociétés, opportunités culturelle etc. Le Brabant Wallon a un taux de croissance plus élevé que la moyenne de toute la Flandre, mais c’est grâce à Bruxelles évidement !

-       Si le Brabant Flamand est la province la plus prospère de Flandre, c’est grâce à Bruxelles. Pour le même raisonnement.

-       Bruxelles est le bassin d’emploi le plus important non seulement pour ces deux provinces mais pour les deux autres régions du pays !!

-       Bruxelles connaît une démographie qui ne cesse d’augmenter, c’est d’ailleurs le lot de toutes les grandes zones urbaines dans le monde. Mais chez nous, il y a un autre effet dû au rôle particulier de Bruxelles : la démographie s’internationalise. Elle augmente et s’internationalise

-       Les initiatives visant à ceinturer Bruxelles, en fait, l’asphyxie et l’empêche de s’épanouir son rôle de capitale d’un demi-milliards d’Européens

-       Ces habitants doivent se sentir chez eux. Il faut noter que le vocabulaire a changé en Flandre. On ne parle plus de la tache d’huile francophone en périphérie, on parle de « Ontnederlandsing », du recul du flamand en périphérie ; en fait, on parle d’une tache d’huile internationale. On y a peur de l’Européen, on les oblige à s’adresser aux services communaux à l’aide d’un interprète. On est dans la périphérie de la capitale de l’Europe… et on impose une langue unique aux guichets de la commune, c’est inconscient !? En fait, en rompant les liens, les néerlandophones se tirent une balle dans le pied…On peut s’étonner d’ailleurs que la Flandre considère comme une sorte d’affront l’élargissement de sa propre capitale !

-       Du côté wallon, Bruxelles est totalement oublié. Dans les initiatives du président wallon sur l’identité Wallonne, pas un mot sur Bruxelles. Dans le premier plan Marshall, pas un mot sur Bruxelles. On entend en Wallonie les gens dire que Bruxelles, ca ne les concerne pas. Mais c’est de la folie ! Il faut absolument rappeler le moteur économique qu’est Bruxelles pour la Wallonie. Qu’ils disposent là d’un véritable trésor ! Bruxelles, c’est le premier bassin d’emploi des wallons !

Ici, j’aimerais rappeler à votre bon souvenir le but de mon initiative, la Bretelle de Bruxelles que j’avais crée en 2008, clin d’œil au fameux Gordel: il s’agit casser la logique de l’encerclement, du ceinturage. Et la Bretelle a aussi pour but de casser la logique de l’oubli de Bruxelles en Wallonie. De souligner le manque de sens de l’état qui règne en Wallonie !

Idéalement, il faut envisager un élargissement de Bruxelles au Brabant Wallon et au Brabant Flamand.

Je ne comprends pas les solutions qui visent à faire de Bruxelles une sorte de demi-région, région croupion, presque infantile ! Il faut au contraire en faire une région à part entière, solide !

Pourquoi ne pas envisager une communauté multilingue sur toute la surface de l’ancienne province du Brabant. Le néerlandais (l’habitant des Pays-Bas) devrait pouvoir s’installer en périphérie et s’adresser à son administration, qu’elle soit Wallonne ou Flamande, dans sa langue, ou au travers d’un service d’interprétariat intercommunal qu’il faut créer, d’un service d’accueil pour les européens qui viennent s’installer dans ces communes. Le Brabant Wallon pourrait aussi donner l’exemple : aucun service d’accueil n’est proposé aux européens à l’heure actuelle 
 

Politique d’asile et d’immigration : que voudriez-vous changer à la politique actuelle en matière d'asile?

La Belgique et l'Europe ne peuvent plus être une destination privilégiée pour les migrants. La Belgique ne peut pas être le CPAS du monde. En amont, ceci implique qu’il faut développer davantage de moyens pour la coopération au développement avec les pays d’origine des migrants. En aval, il faut repenser les canaux de migration légale, lutter contre l’immigration clandestine et avoir une politique de retour humaine mais effective pour celles et ceux qui ne peuvent s’inscrire dans un de ces canaux de migration.

La régularisation ne peut devenir un de ces canaux légaux et doit donc rester exceptionnelle. Plutôt que de régulariser des milliers de personnes par an pour des raisons humanitaires alors que ces dernières arrivent en Belgique avec des motivations essentiellement économiques, il faudrait réfléchir à l’ouverture prudente de nos frontières à une immigration économique. L'"European Dream", en quelque sorte, à l’image de l’American Dream, mais sélectif.

Les conditions du regroupement familial doivent être renforcées pour éviter que les personnes arrivant en Belgique ne tombent à charge des pouvoirs publics et pour favoriser leur réelle intégration. Il faut enfin également lutter plus efficacement contre les mariages blancs ou de complaisance.  C’est un sujet auquel nous sommes très attentifs à Schaerbeek.

Politique de mobilité : quelle mesure fédérale (une seule) pour améliorer la mobilité? 

J’aimerais apporter une idée nouvelle : Il faut que les transports en commun s’intéresse au privé et que le privé s’intéresse au transport en commun. Il faut donc un soutien massif aux transports en commun, par l’intermédiaire de PPP (partenariat public privé), que ce soit en ferroviaire lourd, en ferroviaire léger (les tramways) ou en métro. On peut penser à confier quelques lignes de chemin de fer définies au secteur privé, sur base de concessions – ça fonctionne très bien en Allemagne, par exemple. Je travaille beaucoup pour le moment à remettre l’activité cargo de la SNCB, permettez-moi l’expression, sur les rails, en la rendant plus efficace, moins chère.  Il faut inciter plus avant les entreprises à offrir, dans leur package salariaux, des abonnements aux transports en commun. Il faut inciter nos entreprises publiques à mieux gérer leur offre. Je suis affolé quand la SNCB, que je connais bien, songe à réduire son offre pour limiter ses coûts… Il s’agit bien d’une entreprise avec des coûts fixes très élevés. Au contraire, il faut modaliser l’offre de telle façon qu’on encourage l’utilisation des transports en commun aux heures creuses etc.

Politique  sociale :  quel domaine de la sécurité sociale retient en priorité votre attention? (une seule réponse)

En matière d’emploi et de pension Il s’agit ici de respecter ceux qui travaillent, ceux qui veulent travailler, ceux qui créent de l’emploi et ceux qui ont travaillé et qui sont à la retraite.

Afin de garantir une protection sociale solide et assurer une pension décente à chacun, sans augmenter l’impôt, pas de secret: il FAUT augmenter le taux d’activité. Pour y parvenir, une politique de l’emploi plus transparente doit favoriser davantage la création d’emplois, en simplifiant les différents plans d’embauche existants. Je me souviens, lorsque j'étais directeur d'une PME, avoir reçu une déléguée de l'ONEM qui venait me présenter les différents plans d'embauche. J'étais abasourdi par la complexité du bazar... insupportable. Aussi complexe que le lancement d’une fusée de la NASA.

Il convient aussi de soutenir ceux qui créent leur emploi, les travailleurs indépendants, et encourager les PME en proposant un dispositif «zéro charges patronales» pour l’engagement de leurs premiers travailleurs.  C'est dès l’entrée en chômage qu'un accompagnement personnalisé aux demandeurs d’emploi est nécessaire. En outre, la formation continue doit être proposée à chaque travailleur, quel que soit son âge. Sait-on que le taux de chômage chez les jeunes bilingues à Bruxelles est de zéro pourcents ?

Enfin, il faut considérer l’abrogation du chômage à durée illimitée en parallèle avec une augmentation forte des formations, afin qu’elle soient en adéquation avec la demande. 50000 jobs qui restent sans réponse, à Bruxelles, c’est une opportunité incroyable.

 

Politique énergétique:  faut-il taxer en priorité l'énergie, le nucléaire ou le carbone (un seul choix) ?

Je suis, en principe, contre toute taxe.

Ceci dit, la loi du « phasing out », de la sortie du nucléaire  se fera sentir en 2015 quand les 3 plus anciennes centrales auront atteint l’âge limite et seront fermées. Les dernières centrales en activités arrêteront de produire de l’électricité en 2025.

C’est un sujet que je connais bien, qui avait fait l’objet d’un travail de mes étudiants entre autres, pour lequel j’avais eu le plaisir de recevoir Isabelle Durant à mon cours.

Dans l’état actuel des choses, la confirmation d’un «phasing out» ne semble plus réaliste. Il n’y a pas de réelle alternative à l’énergie nucléaire et les conséquences du phasing out sont colossales: risque de dépendance accru à l’étranger et lancement d’unité électrique consommatrice de charbon et de pétrole pour tenir le calendrier du phasing out. Je considère que nous ne pouvons nous permettre une politique énergétique fantaisiste. Je suis convaincu qu’une place importante doit être donnée aux énergies  renouvelables, et que l’utilisation rationnelle de l’énergie tant dans les secteurs publics et privés qu’auprès des particuliers doit être encouragées.  

Cependant la responsabilité des pouvoirs publics consiste à la fois à assurer l’avenir énergétique et la disponibilité d’énergies à long terme, à diminuer le recours aux énergies polluantes, à assurer la santé publique, mais aussi à garantir un approvisionnement énergétique qui nous permette de rester compétitifs et d’assurer le bien- être.    

Alors, dans l’optique d’un seul choix, je suis pour la prolongation du nucléaire, contre une solide redevance – mais ne soyons pas utopistes, cela impactera le portefeuille des clients…

 


© 2020 - Yvan de Beauffort