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Lettre à Mon Parti (le PS) de Grégor Chappelle?

Une fois n’est pas coutume, il me faut souligner le pamphlet "Lettre à Mon Parti", commis par mon ami Grégor Chapelle, Echevin socialiste à Forest en charge de l’emploi et de l’économie. Ce livre est rafraîchissant et pose les bonnes questions, que je livre en vrac

  1. comment encourager les électeurs à prendre parti, pourquoi les militants doivent non seulement défendre mais poursuivre un combat offensif ?
  2. pourquoi promouvoir le mandat unique ?
  3. pourquoi continuer à prôner une philosophie, un comportement politique, même si certains élus ont des comportements largement déviants (Grégor appelle cela judicieusement « tailler le rosier ») ?
  4. comment se positionner par rapport aux grands enjeux économiques ?

Grégor apporte à ces différents points un regard neuf et enthousiaste, pétri de convictions bien réfléchies. Il faut saluer cette initiative courageuse et ambitieuse. Chapeau, Chapelle !

Je suis cependant beaucoup moins d’accord avec les solutions, sauf celles apportées la question du mandat unique. Et je lui reproche des simplifications maladroites, quand il parle d’une « droite confuse, simpliste et régressiste ». Enfin, il développe un jeu de mots frappant sur le terme « social » afin de défendre les acquis du parti socialiste. En faisant cela, il cherche facilement mais confusément, de façon simpliste et régressiste, à fondre les concepts « social » et « socialiste » - ce qui ne peut être.
  
« Voici l’exercice. Imaginez. Imaginez un monde dans lequel le Parti libéral aurait laissé dans notre société une trace équivalente à celle des socialistes. Imaginez un XXème siècle porteur d’acquis libéraux plutôt que sociaux. Imaginez-le littéralement, en remplaçant dans toutes les expressions qui vous traversent l’esprit le mot social par le mot libéral.
Dans ce monde-là, les accords interprofessionnels seraient négociés grâce à une concertation poussée entre partenaires libéraux cherchant à préserver la paix libérale. Nos accidents de santé ou de travail, nos périodes de chômage, notre pension seraient tous pris en charge, par chacun pour lui-même suivant le bon principe de la survie des plus forts, « survival of the fittest ! », grâce à l’un des systèmes de sécurité libérale le plus développé au monde. Les « petits salariés » cotiseraient auprès des caisses d’assurance libérale qui offriraient une couverture libérale nettement moins avantageuse que celles des indépendants. Un ministre des affaires libérales veillerait à la qualité du lien libéral et de la cohésion libérale. Pour ceux qui voudraient faire l’effort de poursuivre leur formation, l’enseignement de promotion libérale serait disponible en cours du soir. Enfin, prévoyant à l’égard de ceux pour lesquels l’ascenseur libéral serait en panne, nous disposerions dans chaque commune de « C.P.A.L. ». Placés sous la tutelle d’un ministre de l’intégration libérale, ces Centres Privés d’Action Libérale permettraient de voir les plus démunis, des allocataires libéraux, accueillis par des assistants libéraux dont on n’ose imaginer quelle mission ils se verraient confier […]. »

Le bon sens, Cher Grégor, serait encore plus effrayé si, dans le même extrait, l’on remplaçait les adjectifs « libéral » et « libéraux » par les adjectifs « socialiste » ou « socialistes »…


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