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Sortir de l'impasse: des élections et un référendum clair

Un petit jeu est malsain dure depuis plus de 100 jours. D'un coté, un parti qui ne veut plus de gouvernement fédéral - pourquoi s'inscrirait-il dans des négociations pour en former un? - de l'autre, un parti qui ne se soucie pas de Bruxelles et de sa Périphérie: il n'y a pas de base électorale forte... pourquoi ferait-il un accord au bénéfice de Bruxelles et de sa Périphérie? Bien sur (mon accent circonflexe ne fonctionne plus), ces deux partis ont une incontestable légitimité démocratique, mais...

..pas dans tout le pays: le PS établit son score en Région Wallonne, pas à Bruxelles. La NVA établit son score en Région Flamande, pas à Bruxelles. Pourquoi décideraient-ils de l'avenir de Bruxelles et de sa Périphérie?

L'équation est donc horriblement claire: ce ne sont pas les bonnes personnes à la table des négociations. Ou plutot, ces personnes n'ont pas un mandat clair.

A la question de savoir si des élections rendraient les choses plus simples, sans hésiter, je réponds: oui. Voici pourquoi:

1) les choses ont changé. Le réveil en "francophonie" est aujourd'hui palpable. Les électeurs francophones savent qu'on doit négocier. Ca n'était pas le cas avant les élections de juin. En périphérie, à Bruxelles, les francophones savent aujourd'hui que la question de leur avenir culturel est sur la table des négociations, de façon beaucoup plus nette qu'en mai. 

2) les choses ont changé. En Wallonie, c'est manifeste, les électeurs s'inquiètent d'un avenir sombre économiquement parlant. Il faut pouvoir dire clairement: oui, l'avenir est sombre et passe nécéssairement par de sérieuses économies. Le système de solidarité doit etre revu sous peine d'hypothéquer considérablement l'avenir de nos enfants. Je ne joue pas à ce jeu-là. Mais l'optimisme doit prévaloir: ces efforts doivent avoir lieu pour nous organiser un meilleur pays, plus efficace, plus incisif, plus alerte. Il ne faut pas avoir peur de prendre des décisions difficiles, l'avenir nous le rendra au centuple. Avec nos capacités, avec nos atouts, avec notre ouverture d'esprit, notre économie, nos cerveaux, nos travailleurs, nos langues, notre localisation géographique, nous avons TOUT en main pour nous préparer un avenir fort.

3) les choses ont changé. Des partis ont disparu. D'autres se sont renforcés. Les lignes ont bougé. Ecolo démontre une claire incohérence aux affaires, un suivisme tristounet est l'objectif du cdh, quant il ne se plante pas carrément lorsqu'il réforme l'enseignement. Ce sont aussi des aspects qui apparaissent plus clairement à l'électeur.

Les choses ont donc changé. Nettement. Et les négociations ne conduisent nulle part: encore une fois, le PS n'a pas de mandat clair sur les questions fondamentales qui sont posées. La NVA, quant à elle, ne veut pas d'accord. Il faut donc redemander, malheureusement peut-etre, l'opinion de l'électeur. A qui il faut aussi, dans la foulée, poser la question légitime: Etes-vous en faveur d'un pays Belgique? Si cela était le cas, voulez-vous que les compétences suivantes soient organisées au niveau fédéral: sécurité sociale, pensions, défense, commerce extérieur, politique européenne etc. Avec "oui" ou "non" comme réponse potentielles.

 Je suis donc en faveur d'élections doublées d'un référendum. Triste? sans doute. Mais nécéssaire. Il nous faut aller de l'avant.


© 2018 - Yvan de Beauffort