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Un gouvernement: c'est now or never!

L'analyse des enjeux peut se résumer simplement:

- le PS veut obtenir le poste de premier ministre pour transformer sa victoire électorale en victoire gouvernementale. Au passage, il souhaite un refinancement de Bruxelles qui doit assumer les lourdes charges d'une gestion socialiste de la Région Bruxelloise et de nombreuses de ses communes

- le CD&V est obligé de réussir la négociation car de nouvelles élections signifierait pour lui une écatombe électorale au niveau fédéral et un très mauvais départ pour les élections communales de 2012

- le MR doit échanger la perte potentielle de 80,000 électeurs (les francophones de la périphérie à qui on ôterait le droit de voter pour des candidats francophones) contre des avancées significatives sur Bruxelles, dans les communes à facilités et dans le domaine socio-économique.

-le cdH doit exister mais ne sait pas vraiment comment. Lui aussi perdra de nombreux électeurs des communes périphériques qui sont traditionnellement des électeurs de centre ou de droite. Sa seule chance de survie à moyen terme est un poste au gouvernement fédéral et il continuera à se scotcher au PS. A long terme, c'est une tactique qui le tuera

- ecolo ne pourra se démarquer que sur un seul sujet: la sortie du nucléaire. Il n'a pas vraiment d'ambition gouvernementale car sa participation aux gouvernements régionaux (Bruxellois et wallon) lui suffit. Groen, devenant insignifiant électoralement, doit aussi absolument engranger ce point théologique de la sortie du nucléaire. La volonté de ce parti d'être au gouvernement est plus de l'appanage des agendas personnels et il se dit que le président de Groen souhaite ardemment devenir ministre

- le spa est le seul parti encore un peu fédéraliste au nord du pays. Il privilégiera donc la carte des négociations et profitera de la formidable force du PS, bien que programmatiquement le MR soit sans doute plus proche de ses aspirations sociétales que n'est le PS, beaucoup trop à gauche selon le spa

- la NVA, seul parti "démocratique" important absent de la table des négociations, continuera son travail de sape: ce qu'il souhaite, c'est que les négociations capotent afin de transformer son résultat dans les sondages (35%) en victoire électorale

Il y a donc aujourd'hui un véritable momentum centripète pour que les négociations réussissent. Le maillon le plus partagé demeure le MR et singulièrement sa composante FDF. Il faut que la contrepartie à la scission soit vraiment réelle sans cela le MR ne pourra se joindre au gouvernement. Le scénario probable à l'heure actuelle est que le FDF s'abstienne lors du vote... Mais tout change si vite dans ce pays...

Bref, si les choses ne se cristalisent pas rapidement, ce sont des élections qui nous attendent. Le belge ne devra plus attendre très longtemps pour être fixé.

Hauts les coeurs!

La Bretelle
La Bretelle

 


© 2018 - Yvan de Beauffort