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Le budget de l'Etat belge: quelques réflexions sur la façon dont il faut nous manger...

Le gouvernement belge, à peine installé, souffre de problèmes relatifs à son budget: croissance revue de +0,8% à pas de croissance, marche arrière sur certaines catégories de pensions, difficulté à articuler son cadastre des fortunes, sorties qualifiant de tabousl'index et la TVA... Quelques réflexions permettront peut-être d'alimenter le débat de façon constructive... 

1) La volonté de conserver le momentum positif sur les négociations a sans doute forcé les négociateurs à prendre quelques racourcis sur les données méta-budgétaires. C'est vrai et essentiel, il fallait conclure rapidement... L'immense majorité des 545 jours de blocage a été consacré à la crise institutionnelle et, la pression internationale des marchés aidant, on a sans doute été forcé de prendre de lourdes décisions en très peu de jours... quelques erreurs ont été commises et on n'a pas voulu se résoudre au fait que la croissance escomptée ne serait jamais là. Or, qui dit une croissance moindre, dit aussi moins de recettes...

2) La compétitivité belge ralentit. Et du côté des PMEs, en particulier flamandes, on dit stop à la pression fiscale sur le travail. Car une partie importante des mesures prises du côté des recettes le sont via une taxation sur le travail. Même l'augmentation du précompte sur les dividendes touche le travail, puisque ce sont essentiellement les dividendes des PMEs qui seront affectés. D'où le "hola" des PMEs qui ont un mal fou à défendre leur compétitivité. Il est donc temps de redynamiser nos entreprises et surtout les petites et moyennes qui composent l'essentiel de notre paysage économique.

3) En outre, pour augmenter plus encore la fiscalité sur les dividendes et revenus mobilier, le système que le nouveau gouvernement souhaite mettre en place sur le cadastre des fortunes relève de l'usine à gaz. Ni les grandes banques, ni la Banque Nationale ne souhaitent aujourd'hui s'avancer dans cette voie. Ce sera donc à l'administration fiscale de gérer le problème. Et je ne vous raconte pas les milliers de déclarations fiscales fautives en perspective, du genre à paralyser définitivement notre système (peut-être que cela en réjouit certain, mais ça ne solutionnerait rien)...

4) S'il faut trouver des moyens, des recettes fiscales, une piste est sans doute à rechercher du côté de la consommation. La TVA est déjà relativement élevée chez nous, c'est vrai, mais l'avantage de cette mesure est qu'elle touche chacun de façon équitable: dans la proportion de la consommation de chacun. Les petits revenus comme les revenus les plus importants.

5) Je ne suis donc pas pour un tabou sur la TVA, si un relèvement de celle-ci s'accompagne d'une modulation de l'index. J'en ai déjà parlé: la Belgique et le Luxembourg sont les derniers pays au monde à garantir l'indexation des salaires. Or nous entrons en période d'inflation, les indicateurs le confirment. Une inflation, ca a des bons côtés: cela permet au gouvernement et aux belges de rembourser leurs dettes plus facilement car l'argent "vaut moins". Mais cette inflation, il faut aussi en profiter pour augmenter notre productivité. Si l'inflation signifie automatiquement augmentation des salaires, alors l'inflation est dramatique pour notre compétitivité.

6) Entendons-nous bien, je ne suis pas pour une suppression de l'index. Non. Mais pour une modulation sérieuse de celui-ci. Il n'y a aucune raison pour que le salaire de Monsieur Bellens (CEO de Belgacom) suive la règle de l'indexation. Ce genre de salaire pourrait faire l'objet d'un saut d'index. Par contre, les revenus minimums - l'équivalent du SMIC français - devraient continuer à être indexés, afin que chacun ait un revenu décent pour vivre.

Bref, une augmentation à la marge de la TVA, une hausse du précompte à 25% sans passer par toute une usine à gaz et une modulation sérieuse de l'index sont les composantes essentielles et liées (l'une ne va pas sans l'autre ni la troisième) et les garants d'un retour de la compétitivité et d'une fiscalité juste et équilibrée.

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Tirelire
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