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Charles Michel est tout aussi clair que les critères nécessaires pour une régularisation constructive des sans-papiers

Voici un compte-rendu pris au vol de cette conférence.

De 800 millions consacrés à la coopération, le budget 2009 couvre une enveloppe de 1300 millions (0.6% du PNB) avec la volonté de s'aligner rapidement sur l'objectif de 0.7% du PNB (pour autant que ce dernier ne diminue pas trop...).

La coopération au développement répond à quatre principes: un, celui de générosité et d'humanité; deux, celui de prévention et d'intérêts partagés (il cite pour exemple les investissements massifs américains en Europe à la sortie de la seconde guerre mondiale - il s'agissait bien d'investissements pour les américains) et trois, celui de l'augmentation de la sécurité dans le monde, en prévenant les extrémismes et l'obscurantisme. Enfin, en étant sur place, en investissant, en instaurant un dialogue diplomate basé sur l'encouragement et l'aide financière, la Belgique joue son rôle dans la divulgation du respect des droits de l'homme.

1300 millions, bien sûr, cela reste peu. Il faut dès lors concentrer l'action sur un nombre défini de pays prioritaires: 18, avec l'objectif d'en sortir deux dans un futur proche. Et il faut aussi se concentrer sur un certain nombre de secteurs. Une meilleure coordination européenne est donc nécessaire et voit doucement le jour avec la mise en place d'un tableau récapitulant les aides de chaque pays-bailleur par destination géographique et sectorielle. Une meilleure entente est aussi nécessaire afin d'éviter d'incessantes et multiples mission de suivi organisées par tous ces pays. En collaborant avec d'autres états-bailleurs (de fonds), on diminue la charge administrative et on permet une meilleure utilisation de ces fonds, avec un effet plus poussé.

Charles Michel a énuméré les trois leviers d'action de la coopération au dévelopement: la coopération bilatérale, sous-tendue par la présence d'une agence belge dans chacun de ces pays afin de pouvoir suivre les projets en répondant à des critères de suivi belges (contrôle parlementaire, cour des comptes...). La coopération multilatérale, essentiellement au travers de l'ONU et enfin le canal indirect, c'est-à-dire celui des ONGs, des universités etc. Un quatrième canal est évidement l'encouragement de l'initiative privée.

Après cette revue du travail significatif du gouvernement et des objectifs clairs d'augmentation drastique de l'efficacité (concentrer plutôt que soupoudrer, coordonner avec les autres pays-bailleurs, et tenir compte des effets climatiques car aujourd'hui 25% de l'aide est apportée dans des régions qui seront à terme inhabitables), Charles Michel a répondu à quelques questions, dont une de votre serviteur sur sa position quant à la régularisation des sans-papiers.

Sans langue de bois, le ministre - qui a négocié l'accord de gouvernement à ce sujet - a répondu clairement: "On observe trois types d'immigration, les flux économiques, politiques, et climatiques. Je suis pour la rédaction d'une circulaire reprenant des critères clairs. Je souhaite une régularisation répondant à ces critères et ne générant pas d'automaticité, pas d'effet d'appel. Il faut aussi créer les conditions au niveau local pour que l'accueil de ces 'étrangers' se fassent au mieux. Je suis par exemple pour le droit de vote des étrangers au niveau local, car la démocratie locale répond à un principe de citoyenneté, pas de nationalité".

Pourquoi le dossier est-il dès lors bloqué? "Nous avions d'ailleurs un accord à ce sujet avec les partenaires du gouvernement. A l'heure actuelle, si les partenaires CdH et PS, revenant sur l'accord, n'avaient surenchéri (avec quels moyens?) pour faire plaisir à une frange de leur électorat, des milliers de sans-papiers auraient déjà été régularisés." A titre d'exemple, Monsieur Michel a stipulé comme critère inscrit dans l'accord l'obligation pour le sans-papier de s'être enregistré comme tel, afin de pouvoir enclencher le suivi des dossiers. Le CdH et le PS souhaitent passer outre ce critère", générant inévitablement un effet d'appel et tout aussi inévitablement une nouvelle régularisation massive.

Cela m'apparaît être une bonne base de travail. Avec un peu de bonne volonté, et un peu moins de clientélisme inapproprié...

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© 2018 - Yvan de Beauffort