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Comment voter le 7 juin

 

Deux points résument cette rubrique:

1/ Ne votez pas pour les petites listes. Aujourd'hui, votre vote serait perdu. Cela reviendrait mathématiquement à voter pour le vote du plus grand nombre. Que vous aimiez ou n'aimiez pas, votez pour les partis traditionnels. Une façon de contourner l'ordre imposé vous est proposé au point deux.

2/ Point deux. Votez nommément pour des candidats au sein des listes, ne votez pas pour la case de têtes - exprimez un vote clair pour tel ou tel candidat(e) que vous préferez. Sinon, on vous imposera l'ordre de la liste. 

Accrochez-vous: les choses sont simples mais demandent quelques explications...

Les Européènnes, tout d'abord.

Lors de ma maîtrise en sciences européènnes à Londres (LSE), je fus frappé par un chiffre: de 50 à 60% de toutes les nouvelles lois aujourd'hui sont produites par le Parlement Européen.

60 pourcents.

Un débat pour docteurs en science peut chicanner sur le fait qu'une loi n'en vaut pas une autre. Il n'en est pas moins que l'Europe régit une grande partie de notre façon de vivre aujourd'hui. Cela mérite votre réflexion.

A tel point que j'en suis à me demander pourquoi je passe tant de temps à vous présenter les candidats régionaux. Bon. Au vu de ce déséquilibre, je consacrerai une tribune aux candidats européens dans les prochains jours.

Les Régionales

Lors des élections régionales de Bruxelles-Capitale du 7 juin, les Bruxellois éliront les 89 députés qui siègeront pendant 5 ans au Parlement Bruxellois. Ces députés voteront les lois régionales – les «ordonnances» – et choisiront le gouvernement régional.

Fidèle à leur habitude, les Bruxellois iront sans doute à reculons au bureau de vote. A juste titre, ils maudiront une nouvelle fois le système démocratique complexe dans lequel ils se perdent. Et qui semble les appeler aux urnes tous les ans. Mais fidèle à leur habitude, les Bruxellois se rappelleront aussi que les compétences régionales ont un impact direct sur nos vies de tous les jours.

En effet, la Région, c’est un peu une super-commune : les compétences régionales couvrent notamment l'aménagement du territoire (l'urbanisme…), le logement, les travaux publics, les transports en commun, la politique économique et le commerce extérieur, la politique de l'emploi, la protection de l'environnement (et notamment la lutte contre le bruit) et la tutelle des pouvoirs communaux.

En outre, 19 parlementaires siègeront aussi au Parlement de la Communauté Française, qui régit entre autres la culture et l'enseignement. Ce parlement sera donc également renouvelé.

Nos députés régionaux auront à faire face à quatre enjeux majeurs: la crise économique, l’amélioration de notre cadre de vie, l'enseignement et les négociations institutionnelles.

Vous voici conscients des enjeux.

J'espère que vous suivez toujours...

A présent, pardonnez mon ton professoral, comment voter?

Le 7 juin, muni de votre convocation aux urnes et de votre carte d'identité, vous recevrez une petite carte que vous introduirez dans l'ordinateur. L'écran vous proposera de choisir votre "rôle linguistique", c'est-à-dire qu'il vous demandera si vous voulez voter pour des listes francophones ou néerlandophones.

Puis l'ordinateur vous proposera de choisir une liste régionale. Vous ne pouvez en choisir qu'une. Ma suggestion primordiale est de toujours choisir, au sein d'une liste, les candidats que vous souhaitez élire. Car vous pouvez choisir plusieurs candidats (autant que vous voulez), qu'ils soient effectifs ou suppléants. Et, en politique, comme dans n'importe quelle affaire humaine, il s'agit de choisir des hommes et des femmes, pas des listes.

Aujourd'hui, dans le sud du pays, nous vivons dans une particratie. D'accord, ca n'est pas la plus réjouissante des perspectives, mais c'est comme ça. Car il existe le fameux "seuil des 5 pourcents". Si un parti, une liste, ne réunit pas 5 pourcents des suffrages, elle ne peut avoir d'élu. De nombreux partis - tels PTB+, CDF, BUB, Lidé... n'auront donc très certainement pas l'occasion de siéger. Et vos voix seront perdues. Cette situation changera le jour où une forte dissidance d'un parti se démarquera. Mettons que Rudi Demotte décide de sécessionner du PS, ou Olivier Maingain du MR, alors les choses changeront sans doute. D'ici là, je vous recommande de voter pour des candidats soigneusement choisis au sein des listes traditionnelles (MR, PS, Ecolo, CdH).

La question effectif/suppléant est la suivante: seuls les candidats effectifs ayant suffisament de voix sont élus. Tous les autres effectifs qui ne réunissent pas suffisament de voix (environ 3000/3500) passent à la trappe. Si un candidat effectif se désiste (parce qu'il exerce un mandat de ministre fédéral par exemple), c'est au pool des candidats suppléants qu'il sera fait appel. Donc choisir des candidats suppléants est très important, car les 6 ou 8 premiers auront de grandes chances de siéger.

Ce sera ensuite au tour de la liste européenne, pour laquelle la procédure sera la même.

Je terminerai cette rubrique en insistant sur deux points:

1/ Ne votez pas pour les petites listes. Aujourd'hui, votre vote serait perdu. Cela reviendrait mathématiquement à voter pour le vote du plus grand nombre. Que vous aimiez ou n'aimiez pas, votez pour les partis traditionnels. Une façon de contourner l'ordre imposé vous est proposé au point deux.

2/ Point deux. Votez nommément pour des candidats au sein des listes, ne votez pas pour la case de têtes - exprimez un vote clair pour tel ou tel candidat(e) que vous préferez. Sinon, on vous imposera l'ordre de la liste.

Vous voilà paré. Bon vote.


© 2018 - Yvan de Beauffort