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Jean-Claude Daoust à Schaerbeek: des pistes sérieuses pour l'emploi

Jean-Claude Daoust nous a fait une conférence de grande qualité, apportant un nombre important de constats et de pistes d’améliorations en faveur de l’emploi dans notre Région, dont voici l’essentiel en résumé :

-          On compte dans notre région plus de 20% de chômeurs : 106.000 personnes y sont sans travail officiel. Bien sûr, un certain nombre d’entre eux nourrissent une économie souterraine mais la situation du « black » est précaire et peu enviable

-          La Région de Bruxelles Capitale dispose de véritables atouts : on y construit beaucoup (nombres d’emplois peu qualifiés), on y mange bien (nombres d’emplois peu qualifiés)…

-          La clé du succès tient en 3 initiatives :

o    1) Un meilleur enseignement passant par la remotivation des profs (au-delà de l’augmentation salariale, qui est un problème important, mais secondaire), une meilleure adéquation entre l’enseignement et la vie professionnelle (par les formations en alternance, par une lutte contre l’absentéisme, par une approche plus fine du différentiel entre les besoins et les demandes)

o    2) Une lutte contre l’illettrisme. 11% des gens seraient illettrés ou pas suffisamment maître du français ou du néerlandais. C’est un véritable cercle vicieux.

o    3) Une meilleure adéquation entre l’accompagnement des chômeurs et la formation. Aujourd’hui, Actiris (l’agence pour l’emploi) et Bruxelles-Formation (l’agence pour la formation), dépendent de deux ministres différents. Il s’agit d’une situation sub-optimale !

-          Actiris, notre agence pour l’emploi, a connu deux années sans patron. Avec l’arrivée d’un nouveau directeur, les choses ne peuvent que s’améliorer. Il est temps ! Les grands axes d’améliorations pour Actiris sont :

o    Un véritable accompagnement des chômeurs qui va au-delà du rendez vous tous les deux mois et qui dure dix minutes… inefficace

o    Une politique de coaching permettant un suivi efficace du demandeur d’emploi

o    Un lien fort avec les formations, qui doivent être courtes : proposer des formations longues à un individu ayant abandonné tôt le parcours scolaire est une aberration. Il faut des formations courtes et un incitant à les suivre

-          D’autres sujets fondamentaux ont été abordés :

o    Il y a aujourd’hui très peu d’interaction entre les régions. Quand un chômeur disparait des statistiques, on ne sait pas si c’est parce qu’il a trouvé un emploi en Région Flamande, Bruxelloise ou Wallone

o    Il faut tirer des enseignements des régions qui fonctionnent, en particulier de la Flandres : la relation intense entre entreprise et organismes d’aide à l’emploi doit être intensifiée, la politique d’inburgering qui impose une connaissance de la langue et de nos institutions peut être copiée

o    Quid de la durée illimitée de l’allocation du chômage. Bien sûr, si un demandeur d’emploi perd ses allocations de chômage au bout d’un certain temps, il faut pouvoir lui garantir des moyens décents. Mais la stratégie du CPAS (Centre d’aide sociale) est différente de celle de la remise à l’emploi…

o    A ce sujet, le peu de différentiel entre le salaire minimal et l’allocation de chômage est un vrai frein, exploité par les socialistes (ca, c’est moi qui souligne), pour conserver les gens dans un système d’assistanat. C’est cru, cruel, mais c’est vrai. En Belgique, dès que le salaire minimal est relevé, il ne faut pas deux mois pour que les socialistes exigent d’augmenter l’allocation de chômage. Par ailleurs, les initiatives scandinaves qui garantissent pour 6 mois un salaire inchangé lors de la perte de l’emploi est un exemple à étudier. En contrepartie, il est y demandé au « chômeur » de continuer à travailler, càd de suivre des formations ou d’accepter un emploi équivalent dans un rayon de 40km. Il s’agit d’un système plus coercitif, c’est vrai, mais qui a montré son efficacité

-          Jean-Claude Daoust a terminé sur quelques idées novatrices :

o    Bruxelles dispose  d’une richesse culturelle inexploitée. Avec la Fédération Belge des Entreprises, le Voka (la fédération flamande, l’UWE (son pendant Wallon) et le BECI (son pendant Bruxellois), une idée est aujourd’hui avancée : créons un musée Guggenheim, car cela permettrait de renforcer le tourisme de weekend (les hommes d’affaires sont présens la semaine mais désertent Bruxelles le weekend), ce qui permettrait d’améliorer l’emploi peu qualifié (les hotels sont peu remplis le weekend et un musée est générateur de nombres d’emplois peu qualifiés)

o    Créons des interactions plus fortes entre nos entreprises et nos universités

o    Etudions mieux la problématique de mobilité, qui est l’un des premiers freins à l’emploi. Sait-on que le taux de chômage à Zaventem avoisine les 2% ? que de nombreux liégeois sont employés à l’aéroport alors que trop peu de Bruxellois le sont (il en va de même pour la SNCB où seuls 2.7% des employés sont Bruxellois aujourd’hui)

-          Bref, il y a de nombreuses solutions à la problématique de l’emploi dans notre Région. Une conférence passionnante, donc.


© 2018 - Yvan de Beauffort