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L'aéroport de Zaventem construit un terminal low-cost sans permis de batir

Ce soir se tenait le Conseil Communal de Schaerbeek. Incidemment, j'ai posé une question sur l'accident aérien survenu à Schiphol ayant causé la mort de 9 personnes et les leçons à en tirer pour l'aéroport de Zaventem. L'Echevin Guillaume nous a réservé une triste primeur dans sa réponse...

Vous trouverez ci-dessous la réponse circonstanciée et argumentée de l'Echevin Guillaume qui depuis de nombreuses années défend les habitants de Schaerbeek contre les nuisances aériennes, tout en tenant compte de la nécéssité économique compréhensible de l'existence d'un aéroport de proximité. Cependant, il semble que l'aéroport de Zaventem s'entête à construire un terminal low-cost en réaffectant son terminal-étoile. Cette construction s'effectue sans permis ni sans étude d'incidence. C'est-à-dire que l'aéroport n'a pas étudié préalablement l'impact que cette décision pouvait avoir en termes de survol sur Bruxelles (les low-costs volent souvent de nuit).

Qu'on me comprenne bien, et je le répète: je ne suis pas contre une activité aéroportuaire sur Zaventem. Au contraire, je suis en faveur de l'existence d'un aéroport de proximité. Mais celui-ci doit se développer en harmonie avec son environnement. C'est pourquoi j'ai régulièrement insisté pour que l'on spécialise l'aéroport sur le segment "business", à l'image de l'aéroport de London City (et pas à l'image de l'aéroport de London-Heathrow, l'aéroport le plus fréquenté d'Europe), c'est-à-dire un aéroport ouvert de 7h à 22h, pour le traffic business.

La Commune de Schaerbeek a signé mercredi une convention avec quatre autre communes de Bruxelles afin de se défendre contre cette opération de transformation qui se fait sans tenir compte de l'impact que cette décision ne manquerait pas d'avoir sur notre qualité de vie.

L'aéroport doit cesser d'agir de façon unilatérale. Quand comprendra-t-il que son avenir passe par la concertation?

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INTERPELATION PAR Mr Y. de BEAUFFORT AU CC 25/03/09 sur la probabilité d’un accident aérien au dessus de Schaerbeek.

 

Monsieur le Conseiller Communal,

 

En aviation, le risque Zéro n'existe pas, de ce fait la probabilité réelle que vous évoquez ne pourrait être ni quantifiée ni déterminée précisément.

 

Les derniers accidents aériens réellement examinés ont tous des causes fondamentalement différentes :

- Crash d'un Boeing 747 à Amsterdam (4/10/92), panne moteur de deux réacteurs

- Crash du Concorde à Gonesse, une pièce métallique a perforé le réservoir

- Crash d'un Airbus à New-York, avion pris dans les turbulences de l'avion précédent

- Crash d'un Boeing à Bruxelles, perte de puissance du réacteur suite à la présence d'oiseaux, et décollage interrompu trop tardivement

- Crash d'un Boeing à Amsterdam, panne d'altimètre et perte de temps pour l'interruption du pilotage automatique

 

Si l'on souhaite atteindre l'objectif de probabilité du risque nul, alors il faut fermer l'Aéroport de Bruxelles-National, et interdire totalement le survol du territoire communal.

 

Bien que les autorités communales ne disposent d'aucun moyen légal pour intervenir en la matière, puisque la gestion de l'espace aérien du sol à l'infini est et reste une compétence fédérale; il n'en demeure pas moins que le principe de précaution prévaut dans le chef des autorités en veillant à ce que toutes les bonnes mesures soient décidées, et appliquées.

 

Permettez moi de vous rappeler quelques actions et motions schaerbeekoises dans ce sens:

- Rapport au Conseil Communal du 22/9/92 sur la subsidiation de l’UBCNA et qui attirait déjà l’attention sur les risques d’accidents (15 jours avant la catastrophe d’Amsterdam).

-          Motion au Conseil Communal du 10/12/92 visant à limiter les risques que peut faire courir le trafic aérien à la population de la région bruxelloise et qui demandait que la simulation d’un accident aérien soit intégré dans un plan d’urgence.

-          Motion au Conseil Communal du 18/10/95 déposée par Bernard CLERFAYT visant des solutions aux problèmes de sécurité et de nuisances sonores.

-          Motion déposée le 29/06/2005 au Conseil Communal demandant de créer entre autre une autorité neutre et totalement indépendante de controle des nuisances sonores ainsi que l’application du principe de précaution selon lequel il faut éviter le survol des zones les plus densément peuplées. Cette motion a été ensuite remise par les autorités communales au gouvernement fédéral et en particulier au cabinet du 1er Ministre le 20 juillet 2005.

-          La signature par Madame JODOGNE, Bourgmestre f.f. en date du 22 juillet 2008 d’un manifeste adressé entre autres au Premier Ministre et au Secrétaire d’Etat à la Mobilité rappelant son soutien aux revendications maintes fois formulées par l’UBCNA: fin du plan de dispersion, respect des décisions de justice, des normes de vent, réduction du nombre de mouvements aériens, etc.

 

 

Ainsi les autorités communales, et l'association UBCNA, n'ont cessé de rappeler entre autres à Madame la Gouverneure de l'Arrondissement Administratif de Bruxelles-Capitale qu'il était indispensable et urgent de prévoir la rédaction d'un plan "catastrophe" de coordination des secours dans l'hypothèse d'un accident aérien au-dessus de Bruxelles, cette demande sans cesse renouvelée depuis 1994 serait en instance de finalisation de la part des services du Gouverneur faisant fonction.

 

En cas de catastrophe aérienne sur le territoire bruxellois, puis-je vous rappeler que le Directeur Général Administratif du Corps des Pompiers de Bruxelles, pourtant un expert incontestable, estime qu'en tel cas, ses services seraient dans l'incapacité matérielle de faire face à une telle catastrophe. Théoriquement, les pompiers de Brussels Airport ne peuvent intervenir que dans un périmètre restreint autour de l'Aéroport, et les secours devraient provenir des casernes Bordet, Héliport, UCL, AZ-VUB et Anderlecht en renfort. La Protection Civile envoyant des moyens supplémentaires depuis ses bases de Liedekerke et Archennes, qui sont les plus proches.

 

Il convient donc d'éviter autant que possible le survol des zones urbanisées, et de privilégier la configuration de procédures et routes aériennes survolant des zones peu ou pas habitées telles que :

- zones et couloirs non aedificandi tels les approches à l'atterrissage par les pistes 25

- champs et terrains agricoles, couloir d'approche 25

- canal et installations maritimes

- etc.

 

Ainsi en ce qui concerne le survol du territoire communal, les routes de décollage suivantes ne se conforment pas à ces recommandations :

- route Chabert du Week-end qui traverse directement tout le territoire communal

- route Huldenberg virage à gauche, qui traverse également en virage une partie du territoire

- route Huldenberg-Delta des gros porteurs, qui frôle le territoire communal.

 

Vous trouverez enfin d’autres détails sur les routes aériennes dans le fascicule qui vous a été remis par P. TOUWAIDE lors de ma dernière commission du lundi 2 mars dernier consacrée aux nuisances aériennes et au plan gouvernemental du 19/12/08.

 

 

 

 

Bernard GUILLAUME

 

 


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