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Le FDF a décidé de partir... quid des négociations?

Le FDF a décidé de partir... pourquoi? a-t-on un mauvais accord sur la table?

Le FDF a pesé ses forces et a décidé que son travail au niveau fédéral devait être un travail d’opposition. Pour le dire froidement, il a estimé qu’il ne pouvait influer sur les négociations institutionnelles actuelles ni ne souhaitait en assumer l'éventuel résultat. Il a donc logiquement choisi de se séparer du MR. J’en prends note.

De nombreuses personnalités du FDF ont gagné mon estime au cours de ces 5 dernières années. Je suis personnellement affecté par cette décision mais c’est une des dures lois de la politique. J’en savais le risque mais en tester le goût n’est pas mon expérience préférée. J’en prends donc acte, je ne souhaite pas m'aventurer dans l'analyse politique de la décision du FDF au niveau fédéral mais me tourne à présent vers mes idéaux, mes valeurs, mon combat et mes projets pour mon pays et ma région.

L’alternative à ce que j’appelle dans une autre tribune «un mauvais accord pour tous » est « pas d’accord du tout ». Cette alternative conduit donc à un gouvernement en affaire courante jusqu’à de nouvelles élections, demain ou en 2014. Ces nouvelles élections ne solutionneront plus rien. Et je l’admets : j’ai changé d’avis à ce sujet. Aujourd’hui, les esprits sont devenus tellement irrationnels des deux côtés de la frontière linguistique que seule une solution irrationnelle peut jaillir de nouvelles élections. C’est un risque que je ne souhaite pas assumer. Quant à souhaiter le Grand Soir, c’est-à-dire le détricotage du pays « une bonne fois pour toute », l’on aura suffisamment lu dans la presse et dans les nombreuses études à ce sujet les écueils insurmontables que ces esprits irrationnels devront surmonter (la répartition de la dette, des pensions etc..) au milieu des troubles financiers et populaires qui ne manqueront pas de venir simplifier la donne.

Non, merci.

Devant cette alternative de chaos, mon parti a préféré se rendre à la table des personnes de bonne volonté, celles qui cherchent des solutions, celles qui façonnent des compromis permettant à chacun de « garder la face », de conserver sa dignité. Des compromis pas toujours fiers et flamboyants, c’est vrai, mais c’est là le succès de notre démocratie depuis 150 ans. Le succès pas toujours glorieux, c’est vrai, mais celui répondant au mieux aux aspirations d’efficacité, de pragmatisme, d’ordre et de paix caractérisant la mentalité de la plupart de mes concitoyens.

Devant cette alternative de chaos, mon parti a préféré renforcer  le maximum de droits d’un maximum de gens, déminer des symboles et instituer les conditions d’un voisinage et d’un dialogue aussi paisible que possible, faire preuve d’empathie mais aussi de fermeté à l’égard de l’autre communauté, pérenniser la paix à l'endroit même de la couture impropre de deux grandes cultures, donner de la place à la Région Bruxelloise, refinancer une capitale afin d’en assurer le bien-être qui est aussi celui de sa large périphérie et, last but not least nouer un accord gouvernemental n’hypothéquant pas l’avenir économique et social du pays par des augmentations indécentes des impôts ou par l’abandon complet de la gestion des dépenses publiques. Enfin, si Grand Soir il devait y avoir malgré tout, mon parti a préféré placer les bases incontestables en droit international qui accoleraient les 6 communes à facilités de la Périphérie à Bruxelles.

Devant cette alternative de chaos, mon parti a préféré proposer les solutions du possible.

Je suis conscient, et je l’ai répété à de nombreuses reprises : les flamands sont dans un « bad trip » nationaliste, guidé, obnubilé, hypnotisé par un bretteur hors-pair doué d’une intelligence fantastique en matière de communication. Mais l’histoire l’a montré à de très nombreuses reprises (en Allemagne, mais aussi en Union Soviétique, en Italie, en Espagne, en France, à Cuba, au Chili, en Serbie, au Rwanda…) : le nationalisme conduit après des cauchemars terrifiants et souvent – c’est toujours historiquement prouvé – concomitamment à la disparition du « grand » homme, à des réveils horribles. Le nationalisme établit d’insupportables raccourcis historiques, travaille la peur des gens, gonfle des mythes et dénature et réduit les vérités pour les transformer en mensonges. Face à cela, deux issues : se dire qu’ils sont ou seront tous contaminés ou faire le pari du sursaut des véritables Hommes d’Etat et des nombreux hommes et femmes de bonne volonté.

Mon parti a là aussi choisi. Ca n’est pas lâche. C’est au contraire très courageux et lucide.

 


© 2018 - Yvan de Beauffort