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    Mon analyse de la note du Formateur

    Dernier acte politique de cette pièce qui n'en finit pas de se jouer, voici la note du Formateur. Et quelques réflexions sur son contenu... 

    La note contenait deux parties:

    - la première partie se consacrait aux mesures pour retrouver l'équilibre budgétaire en 2015 (un effort de 22 milliards), la réforme de l'état (la scission de BHV et le transfert des compétences aux Régions) ainsi que les réformes sociales et économiques.

    - la seconde partie détaillait les compétences transférées aux Régions et les modalités de ce transfert.

    Le points fort de la note était incontestablement son aspect révolutionnaire. Elle a surpris. La lenteur de la réaction des uns et des autres l'a montré.

    On a parlé de tabous brisés, on a pas eu tort: BHV scindé, renforcement des droits des francophones dans 6 communes à facilité mais abandon des droits des francophones dans toutes les autres, chômage dégressif, allongement de la durée de travail, début du découpage de la sécurité sociale, stabilisation des dépenses en soin de santé, impôt sur les grandes fortunes", impôt sur la plus-value en bourse, circonscription fédérale, communauté métropolitaine de Bruxelles.

    Etait-ce une bonne note? Bof, elle était rédigée par un socialiste, alors que le pays est dans les faits majoritairement à droite. Et proposait dès lors des choses difficiles à faire passer à droite (comme l'impôt sur la plus value, la criminalisation dogmatique de la spéculation ou encore l'impôt idéologique sur la fortune). Mais elle proposait aussi des choses difficiles à gauche (comme les réformes en matière de chômage, de pension, de sécurité sociale etc.).

    Elle proposait aussi une solution "socialiste" à BHV en "vendant" les francophones de la périphérie contre un refinancement de Bruxelles (les francophones de la périphérie flamande ne sont pas très connus comme électeurs de gauche...). Elle allait donc à mon sens très très loin dans les concessions communautaires. Seuls les droits des francophones des 6 communautés étaient garantis et la note restait floue dans l'émancipation qu'elle octroyait à la Région de Bruxelles-Capitale comme région "égale" aux deux autres.

    Elle instituait enfin des propositions intéressantes pour préserver le lien belge: des députés éligibles par les deux communautés et une communauté métropolitaine Bruxelloise chargée de promouvoir la coopération entre Bruxelles et son hinterland de 35 communes des deux Brabants.

    Je crois fondamentalement que deux propositions étaient faites pour être tuées: la cisconscription fédérale, voeu pieu porté par le côté francophone mais aux antipodes du projet flamand, et l'impôt sur les grandes fortunes, qui est une mesure essentiellement idéologique ne rapportant pas un sou tant elle est complexe à mettre en oeuvre outre le fait qu'elle encourage l'évasion fiscale des plus fortunés d'entre nous. Taxer le capital, c'est pour moi couper dans le muscle et c'est oublier le modèle "bourgeois" qui fait le succès de notre économie depuis 600 ans. Cette proposition était donc faite pour, une fois tuée, faire passer toutes les autres mesures augmentant l'imposition.

    Bref, je n'en suis pas fan, loin de là, de cette note. Mais il y avait matière à discussion. Le formateur concluait d'ailleurs son introduction par "la présente note de base n'est pas une note à prendre ou à laisser. Elle constitue une base pour poursuivre les négociations relatives à la formation du Gouvernement fédéral et à la mise en oeuvre de la 6e réforme de l'Etat". En cela à tout le moins, la note faisait montre de sagesse. 

    De toute façon, refusée ou non, elle servira de base aux négociations. Croire qu'elle sera entièrement réécrite, c'est une illusion et c'est choisir d'attendre la déclaration d'indépendance de la Flandre...

    La note se télécharge en cliquant sur "download".


    © 2018 - Yvan de Beauffort