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Pour qui NE PAS voter: Ecolo.

Dans la série "pour qui NE PAS voter", aujourd'hui je prends "les Verts"...

Tentant, les Ecolos. Leurs principes sont fermement ancrés dans une philosophie pénétrant tous les segments de notre société, ils ont tout pour séduire. Et pourtant, je ne voterai pas Ecolo.

Voici pourquoi.

D'abord, le cliché de la pastèque (vert dehors, rouge dedans) est mérité: les principes soutenant la pensée Ecolo sont aujourd'hui clairement à gauche. Très à gauche: selon eux, le portefeuille public est largement ouvert, la gouvernance politique est axée sur le développement de plans à moyen terme (en cela, ils rejoignent le CdH et les Soviétiques), la population est consultée par votation sur le nombre le plus large possible de sujets (alors que - désolé - une spécialisation est souvent nécessaire) etc.

C'est donc un vote très à gauche.

Plus fondamental - ils me font penser aux révolutionnaires français: perclus d'idéal, surs de leur fait, la fleur au fusil, il s'en viennent telle une gigantesque vague nous faire changer d'époque. J'ai peur de La Terreur. J'ai peur de la guillotine qui étête sans procès. J'ai peur de la pensée envahissante, celle qui sous le couvert d'immenses débats populaires finit par proposer des solutions simplissimes et dangereuses. J'ai peur que la transition proposée ne nous amène à la grotte de néanderthal: celle où nous étions tous un peu cueilleur, un peu chasseur, pas très nombreux et violents. Certes, nous étions en harmonie avec la nature, mais je ne suis pas certain que ce soit un progrès.

Par contre, ils sont un vent de fraîcheur dans le débat: nouveaux et volontaires, ils apportent une perspective enrichissante. Et n'hésitent pas à se mouiller. J'ai en mémoire la présence déroutante d'Isabelle Durant deux années de suite à mon cours à Solvay: elle venait y défendre la fin du nucléaire à des étudiants chargés de valoriser deux sociétés productrices d'électricité, EDF et Electrabel. Son point de vue vert et étayé dans une arêne bleu foncée avait quelque chose de David contre Goliath, mais un Goliath émerveillé par l'audace de l'adversaire (bon, David a fini par gagner...). Merci Isabelle.

Ensuite, les idées d'Ecolo sur l'immigration sont sympathiques mais naïves car impayables et inquiétantes: régulariser sans fin, c'est attirer bien de la misère et c'est déraciner des cultures pour les greffer sur la nôtre, sans en mesurer les conséquences. Sait-on qu'au rythme de l'immigration actuelle (et de la natalité observée chez les populations d'origines allochtones), d'ici 40 ans l'Europe est en majorité musulmane? J'ai beaucoup d'affection pour les musulmans belges, mais la perspective d'une Europe musulmane, oui, m'inquiète.

Enfin, leur positionnement éthique me parait peu clair. Comme dirait le Député CdH Fourny, cité par Le Pan: "Ecolo, c'est oui au cannabis, c'est la fin des devoirs, c'est non à la monarchie, c'est la fusion des réseaux scolaires et j'en passe". Ce que Le Pan traduit par "Hérétiques"...

Bref, je crois à l'importance de l'existence du parti Ecolo. Je crois de manière fondamentale qu'un changement de notre consommation s'impose. Mais comme dit l'aphorisme, pas de développement éologique sur un désert économique et culturel. En fait, je suis en faveur d'un développement plus "à droite", plus adroit, de la pensée écologique. Et je suis militant de la construction de cette pensée au sein du MR. De façon urgente.

Donc, ne votez pas Ecolo le 7 juin.

 


© 2018 - Yvan de Beauffort