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S’il y a un accord sur la Réforme de l’Etat, il faut aussi un accord de la population…

Sur la table des négociations, les propositions de régionalisation se comptent par dizaine. La célèbre revue « Sois Belge et Tais-Toi » de cette année en a même fait un sketche virulent où Elio di Rupo, Laurette Onkelinkx et Joëlle Milquet jettent à la tête de Bart De Wever les dossiers les uns après les autres pour prouver combien ils avaient été loin : la justice, l’emploi, les soins de santé, la sécurité routière, l’impôt, BHV…. Le leader de la NVA réagit en envoyant une gaufre à la tête des négociateurs francophones et concluant les innombrables concessions francophones par un lapidaire : « niet genoeg ! ».

Rien ne dit qu’un accord se fera à la suite de la politique des petits pas de Johan Vandelanotte : les négociateurs semblent surtout temporiser et ils  ont déjà tous réservé une semaine de vacances entre Noël et Nouvel An. Un bon bol d’air ne peut faire de mal à personne… et un accord ne verra donc le jour qu’après la Trêve des confiseurs… à l’entour du 6 janvier si tout va bien… la fête des Rois…

 Mais si un accord se noue, alors il faut l’aval de la population. Car, en fait de démocratie, ce serait la bafouer que de former un gouvernement pour s’empresser de mettre en œuvre la réforme.

Pourquoi ?

Parce que la question posée lors du scrutin fédéral du 13 juin 2010 est à 1000 lieues de ce qui se négocie aujourd’hui.  Le 13 juin dernier, quand il fut demandé à l'électeur de donner son avis, la question était de savoir dans quelle mesure l'électeur voulait être représenté par un parti de gauche, centre-gauche, centre-droite ou droite.  Dans quelle mesure fallait-il défendre les droits des minorités francophones? Dans quelle mesure fallait-il imposer le statut de Bruxelles?

Aujourd'hui, les choses ont vraiment changé. La question est vraiment différente. Beaucoup plus tranchée: Souhaite-t-on partir de ce qui existe, de l’éventuel accord?  Que veut-on encore faire ensemble? Quel avenir pour la Belgique?

Cette question est tellement différente de celle du 13 juin et tellement fondamentale quant à l'avenir du pays qu'il est parfaitement légitime de la poser à l'électeur. Il est parfaitement malsain de la laisser l’imposer par des négociateurs qui sont allés au-delà de la question du 13 juin, au-delà de leur mandat et n’ont donc plus toute la légitimité nécessaire pour mettre en œuvre une réforme aussi drastique.  Les négociations vont si loin dans la redéfinition du Pays, que chacun est en droit d'exprimer son opinion.

Bien sur, il convient de terminer la présidence belge de l'Europe dans le calme et la diplomatie les plus absolus. Bien sur, il faut que les marchés financiers obtiennent les gages nécessaires à un traitement raisonné de notre dette.  Confiance: notre pays, nos régions débordent d'atouts. Mais d'ici janvier ou février, il faut que la question de fond, celle de l'avenir de notre pays, soit posée à l'électeur.

Des élections ne doivent pas effrayer: elles seraient au contraire très saines. Parfaitement démocratique.


© 2018 - Yvan de Beauffort