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Similitudes entre le Printemps Arabe Libéral et la Fin du Communisme

Ces révolutions ont donné une formidable impulsion à la révolte des peuples de la Méditerranée et du Golfe. Libye, Jordanie, Maroc, Algérie, Yémen, Bahreïn, Irak, Iran, Djibouti : la vague révolutionnaire déstabilise une dictature après l’autre. La pauvreté écrasante, le chômage, l’oppression, l’exploitation et l’absence totale de libertés démocratiques sont les causes de la révolte.

L'enjeu des protestations est la fin du népotisme et de la corruption, le démantèlement des systèmes de clientélisme qui, autour d'une famille ou d'un clan, drainent les énergies, stérilisent l'économie, produisent exclusion et répression. Il faudra certainement plusieurs décennies aux sociétés arabes pour remplacer le népotisme par la méritocratie, la corruption par l'égalité des chances, le monopole par la libre concurrence et l'autoritarisme par l'arbitrage pacifique. Jusqu’il y a peu, on pouvait noter une alliance objective entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux dans le monde arabe. Au premier, la domination de l’espace public, au second, celle sur les esprits. Cette convergence se traduisait par des Etats autocratiques mais laïcs coexistant avec des intégristes écartés du pouvoir. Les révolutions libérales ont fait voler en éclats ce modèle. L’actualité nous prouve qu’il existe une troisième voie dans cette région oscillant entre autoritarisme et intégrisme : le libéralisme...

L’enthousiasme ne doit toutefois pas nous faire oublier qu'il existe également un scénario pessimiste.

Les islamistes représentent souvent la seule force structurée et organisée dans nombre de pays de la région. A ce titre, ils pourraient pourraient réaliser des scores appréciables lors des prochains scrutins en Egypte (septembre) et en Tunisie (juillet). A ce stade, il est difficile de prévoir ce que sera le monde arabe: démocratie ou autocratie ? Pluralisme ou islam radical voire théocratie islamiste (Hiver iranien) ? Cette évolution, le monde arabe ne la doit qu’à lui-même et qu’à sa jeunesse instruite, éduquée et connectée au reste du monde via les réseaux sociaux et Internet.

Enfin, quelques similitudes peuvent être constatées entre la fin du communisme en

Europe de l’Est et le Printemps Arabe :

 

 

 

 

1.  Le caractère inattendu, imprévisible et imprévu de ces révolutions survenant dans des régimes qu’on pensait pétrifiés.

2.  Le caractère contagieux de la liberté. Réclamée dans un pays et, immédiatement après, relayée dans la plupart des pays avoisinants.

3.  Le caractère pacifique, spontané, massif et populaire des revendications.

4.  L’écroulement assez rapide des dictatures donne raison au philosophe libéral Etienne de La Boétie qui fait reposer la dictature sur l’assentiment du peuple : dès que le peuple retire son soutien, le régime est fragile.

5.  Une lame de fond libérale malgré les spécificités de chaque pays. Si les régimes tunisien et accéléré la démocratisation au Maroc, d’autres pays s’avèrent beaucoup plus résistants (Libye, Syrie, Arabie Saoudite, Iran).

 

6.  La puissance des idées libérales. Ces révolutions sont nées grâce à la circulation des idées de liberté par Internet. Les révolutions ont pu se faire grâce à la puissance des réseaux sociaux et à la technologie communicationnelle du monde occidental libéral.

7.  L’échec de politiques économiques socialistes. La chute du Mur de Berlin a révélé

a révélé au grand jour la faillite du socialisme réel. Les dictateurs du monde arabe ont tous appliqué des idées hostiles au libéralisme : d’abord en niant ou en violant les libertés fondamentales des citoyens et, deuxièmement, en pratiquant des politiques collectivistes en matière économique. Ben Ali, en Tunisie, Moubarak, en Egypte et Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, étaient encore, au début de cette année, tous les trois membres de l’Internationale Socialiste, cette association internationale dont Elio Di Rupo et Ségolène Royal figurent parmi les vice-présidents. Quant à Kadhafi, il s’est toujours défini comme un socialiste qui séduisait déjà Nasser, véritable matrice du socialisme dans le monde arabe. L’un des derniers chefs d’Etat à soutenir Kadhafi encore aujourd’hui, n’est autre que le président vénézuélien Hugo Chavez qui, en 2007, fit inscrire le socialisme dans la constitution vénézuélienne comme « doctrine d’Etat » tout en supprimant la liberté de presse et le pluralisme politique. Kadhafi a toujours été perçu et traité comme un socialiste par ses camarades dans divers pays, y compris en Wallonie…


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